Frenchies in a New World - Chapitre 21
Chapitre 21
Je réveille mon bébé alors que notre train arrive en gare. Il n’a pas réussi à dormir dans l’avion, mais dès que nous sommes montés dans le wagon première classe, il est tombé dans les bras de Morphée. Les deux heures trente de trajet n’ont cependant pas suffit à ce petit dormeur, qui baille à s’en décrocher la mâchoire alors que nous découvrons pour la première fois la ville de Matt. Celle où a lieu ses oraux pour son concours, un mois après ses écrits; cette fois, l’Education Nationale de notre bon vieux pays n’a pas accepté de faire une épreuve spéciale de l’autre côté de l’océan - c’est surtout que malgré les efforts de Damien, aucun professeur compétent n’a voulu se porter volontaire pour le petit blond. Tant pis, nous découvrons à la fois la Porte de Bretagne et les traces de l’un des auteurs qui a bercé l’enfance de mon bébé, avec ses drôles d’histoires de poussins.
Une fois de plus, sa passion pour la botanique, autant que son âme d’enfant, prennent le dessus et il nous échappe pour s’arrêter dans le parc face à la gare. Il rigole à cause des jeux de mots écrits sur les écriteaux, devant certaines plantes ; elles racontent des drôles d’histoires incroyables, et cela séduit mon chéri, qui a toujours le même goût pour la magie. Il contemple la nature malgré l’hiver, et les troncs dénudés, sans vraiment nous prêter attention. Attentif au moindre buisson, à la moindre petite pancarte, le voilà redevenu innocent. Enfin pas tout à fait, lorsque je vois une petite boîte close, destinée à je-ne-sais quel jeu de piste pour les enfants.
– Bébé ! Viens ici, mon p’tit Trukatrou !
Son regard coquin et amusé me fait bander, même s’il me tire la langue pour la forme - langue sur laquelle je ferai bien glisser mon gros gland désormais gonflé au possible.
– On se calme, Big Bosse ! T’es en public au cas où tu ne l’aurais pas remarqué !
– Sérieux, qui met ça pour des enfants ?
– Des gens qui n’imaginent pas qu’un pervers comme toi va tomber dessus! Dire qu’un jour tu as dû être un enfant innocent…
– Mais ça c’était y a longtemps, maintenant c’est un nounours obsédé!
Des gens qui passent nous jettent un regard courroucé, leurs mômes n’ont qu’à pas écouter ! Mais par discrétion, mes amis se mettent à parler anglais et je les suis. Là, au moins, rares sont nos compatriotes à pouvoir suivre notre conversation ! Dire qu’il y a quelques mois j’étais dans le même cas… Heureusement, j’ai eu un super prof!
Je décide de blaguer encore une fois, pour voir la réaction de mon bébé.
– Bébé, regarde ce que tu as perdu !
Je brandis un petit plug vibrant , Valentin rougit et se tend. Les deux autres lui jettent un regard étonné, le faisant rougir encore plus.
– Thomas range ça tout de suite, tu sais très bien que j’ai pas pu le perdre vu que tu me l’as mis dans le…
Même s’il a répondu doucement et en serrant les dents, les blondinets l’ont entendu. Ils le regardent, l’air ébahi.
– Mais dis donc Valentin, dire qu’on pensait que tu avais seulement fait des bêtises avec Thomas dans l’avion ! Il te dévergonde beaucoup en ce moment hein.
– Arrêtez de vous moquer! Le jour où vous aurez un pervers comme lui en guise de petit copain…
– Fiancé bébé. Oublies pas que tu m’as dit “oui” et qu’on va aller jusqu’à la fin de notre vie ensemble.
Je vois son visage qui se contracte.
– Je blague bébé hein. Allez, je ferais plus ce genre de blague, tu sais que je veux juste te faire rire.
Je le prends dans mes bras rapidement alors que nous découvrons la porte de notre location.
Mon bébé ronronne jusqu’à ce que nous soyons dans l’appartement qui va nous servir de logement pour les quelques jours du concours de Matt. Là, il est limite scandalisé; entre le bazar, probablement les affaires du propriétaire, et la saleté, il n’a pas les mots. Matt est d’accord, pour lui c’est une sous-location illégale. En plus d’avoir un lit de camp dans le salon, nous découvrons même un cahier sur lequel le propriétaire nous demande d’étendre son linge ! Sans compter que, dans la chambre, c’est à se demander si les draps ont été changés. Bref, nous nous sommes fait avoir, les photos ne sont pas du tout conformes à ce que l’on a trouvé ! La prochaine fois, il faudra soit prévoir plus à l’avance, soit payer un peu plus cher en allant à l’hôtel !
En dehors des quelques soucis, je trouve l’appartement plutôt fonctionnel, du moment que l’on est deux. Je ne déchante qu’en voulant aller me laver; le toit en pente m’empêche de rester debout comme il faut, je ne peux pas me laver avec mon bébé ! C’est donc une déception. Mais il profite du répit que je lui laisse pour nous cuisiner un délicieux petit repas, avec les moyens limités du bord. En lien avec l’endroit et Matt, il prépare des crêpes fourrées, moitié tomate mozzarella, moitié jambon fromage béchamel. Et en dessert, crêpe au sucre et beurre salée, avec évidemment un peu de son ingrédient favori. Un vrai régal ! Nous nous goinfrons, même si ça veut dire que je n’aurai pas de petite pipe plus tard…
C’était sans compter sur les capacités incroyables de mon rouquin d’amour, qui, après le film du soir, une fois dans le lit, glisse sous les draps pour s’occuper de mon membre. Au premier gémissement que je pousse, il s’arrête, me met la main sur la bouche pour me signaler de faire moins de bruit. C’est vrai que contrairement à notre chez-nous, les murs sont fins, et Matt dort déjà à moitié; il doit être en forme pour ses oraux demain !
Je ne peux cependant pas m'empêcher de gémir, sa langue chaude qui presse mon gland, ses doigts qui excitent tout à la fois mes lourdes bourses et mes tétons. L'inattendu se produit alors, puisqu'il baisse son pantalon et me présente ses fesses. Mon érection se durcit encore, si c'est possible, et j'écarte ses magnifiques globes pour darder la pointe de ma langue sur cette zone qui devient de plus en plus sensible, mais toujours si belle et lisse comme au premier jour. Et maintenant, effectivement, je ne fais plus de bruits, concentré pour lui dilater la rondelle - ce qui se fait rapidement, il est habitué à se prendre mon gros calibre. À son tour de se retenir de gémir, la bouche sur ma bite. Je sais qu'il a les yeux fermés, qu'il tente de résister à l'explosion de plaisir, à ses hormones débridées et ses envies sans limites. Ses petits cris étouffés par mon morceau, je plante plus profondément ma langue et glisse une phalange, puis deux, pour atteindre sa boule de plaisir. Quelques secondes à jouer ainsi et ses mains quittent mes cuisses pour écarter ses collines bombées. Un long soupir lui échappe, il appuie ma tête sur son œillet humide prêt à se faire combler. Je continue à jouer dans la rondelle souple, ajoute un autre doigt; c'est là qu'il cède enfin, dans un râle presque silencieux :
– Mets-la-moi, prends-moi, j'ai besoin, tout de suite !
– Vos désirs sont des ordres mon cher fiancé.
En une seule poussée, je suis au fond de ce moule en velours. Il roule du bassin, s'occupe lui-même de se limer, comme lorsqu’il est totalement incontrôlable. À moi de ne pas trop l’écouter - ou de ne pas trop me lâcher - afin qu’il ne regrette pas cette petite folie. J’attrape ses hanches et bloque ses mouvements; c’est moi qui vais bien l’ouvrir, son autoroute du plaisir ! Mais malgré mes efforts pour rester gentil, il me masse la queue et m’aspire au plus profond de lui, me comprime; tu parles d’un grand boulevard ! c’est une petite rue souple, qui ne m’accepte en elle que parce qu’il le veut bien ! Je me mords le poing pour ne pas grogner de plaisir. Je l’écrase de tout mon poids et commence à le pilonner, totalement obnubilé par le plaisir qui me traverse. C’est si serré, si chaud, si bon…
– Aïe, non, pitié, arrête !
Je me revois, caché par la penderie du salon, maman en train de passer ses nerfs sur mon grand frère. Il supplie, et moi je pleure, car c’est ma faute ce qui lui arrive; j’ai voulu jouer avec lui… Ses cris continuent et il lâche aussi des larmes, recroquevillé sur lui-même, les bras protégeant sa tête, mais elle n’arrête de le battre que lorsque son dos est strié de rouge. Puis elle l’enferme dans la cave, sa chambre… Lorsqu’elle me voit, elle me fonce dessus comme une furie, m’attrape par le bras, et m’enferme en haut, dans ma chambre.
– Je vous ai interdit de jouer ensemble ! La prochaine fois, tu prendras ta part !
Je fais un bond en arrière pour esquiver la gifle invisible. Le bruit humide, suivi du gémissement de soulagement, me fait baisser les yeux. Et c’est la douche froide, encore plus que ce souvenir traumatisant de ma chère mère et de la simple relation génétique qui unit Owen et moi…
– Mon bébé, je t’ai blessé ???
– Non, je… je crois pas. Par contre j’ai super mal au cul.
– Dedans? Je t’ai pas déchiré le boyau au moins? Tu fais pas une hémorragie ?
La porte de la chambre s’ouvre :
– Dites, vous pouvez pas être un peu plus silencieux, Matt va se réveiller ! Alors je veux bien que tu vérifies que tu n’as pas fait de mal à mon frérot, mais en silence s’il te plaît !
Damien rougit en voyant Valentin dos à lui. Il se détourne immédiatement alors que j’attrape une lampe pour éclairer l’intimité de mon fiancé. Mais je ne vois rien, pas plus que je n’ai de sang sur la main lorsque je glisse deux doigts en lui.
Tout penaud, je m’allonge et l’attire sur moi. Je n’arrête de murmurer pardon que quand il me demande de raconter ce qui m’est venu en tête : je lui raconte à chaque fois mes traumatismes, et ils ne reviennent plus me hanter. Thérapie de couple en amoureux… L’essentiel est que ça fonctionne, et surtout que je ne commette plus de telle sauvagerie - la dernière date de presque six mois !
Après mon histoire, il me demande si c’est pour ça que je n’ai pas une grande préoccupation à propos de mon frère. Probablement, être élevé dans la méfiance des punitions que notre cohabitation pouvait amener n’a pas aidé à forger une complicité. Pas plus que sa fuite du domicile, et mon aménagement dans la cave, comme le monstre que j’étais - ou du moins le seul qui restait. Au moins, quand il était là, nos humiliations étaient partagées…
– J’espère qu’elle mourra dans la souffrance, elle a été monstrueuse de te faire du mal.
– Et moi, je suis un monstre de t’en faire.
Il me présente sa main avec la bague de fiançaille.
– Tu n’es pas un monstre, tu es mon chéri, mon amoureux, et en un sens, un grand petit garçon naïf. Elle a essayé de te briser, mais elle n’a pas réussi. T’es plus grand et plus fort que tout.
– T’es sûr que tu veux pas épouser Owen ? Lui au moins, il est plus stable et te fera plus de câlins, sans te démonter…
– C’est toi que j’aime, et en plus il a quelqu’un dans son coeur. Puis toi, tu m’aimes aussi. Tu veux me laisser ?
– Non, mais pour ta sécurité ça serait peut-être mieux.
– Mais je suis en sécurité avec toi. Tu m’as jamais fait de mal, enfin rien d’insurmontable.
– Je suis fou de toi bébé, je supporte pas l’idée de te perdre, mais encore moins d’être dangereux pour toi…
J’imagine éloigner mon bébé de moi, rester en France alors que lui repartirait en Amérique. Mon coeur se serre et mes mains tremblent dans le dos de mon rouquin.
– Ooooh, pleures pas mon nounours ! Je suis là, tout à toi ! Et quoi que tu fasses, je resterai avec toi. On peut tout faire ensemble. Moi, sans toi, je suis perdu.
Il pose sa main sur ma joue et s’approche pour m’embrasser, collé tout contre moi. Je repense à ce que disait Papa : “le jour où quelqu’un s’accroche à toi et t’aime, peu importe comment tu es, ne le laisses pas. C’est ça, l’Amour.” Il avait raison, et c’est bien pour mériter le jeune homme dans mes bras que je dois encore m’améliorer. J’embrasse son front et le laisse s’endormir alors que je caresse doucement son dos et ses cheveux.
Le lendemain, je traîne en ville avec mon bébé pendant que Damien accompagne Matt à ses oraux. Nous commençons d’abord par visiter le plus simple, le château en centre-ville, la cathédrale, puis suivons les petites rues au hasard. Au gré des envies, nous flânons dans les rues; nous découvrons le plus vieux magasin de rigolettes de la ville, un glacier délicieux, et enfin une boutique qui intéresse le petit “druide” qui m’accompagne. Minuscule, je ne rentre pas dedans de peur de faire tomber quelque chose avec mes larges épaules. Lui par contre entre et admire toutes les pierres semi-précieuses à l’intérieur. Lorsqu’il ressort, je vois bien son intérêt pour cette nouvelle médecine douce alternative, en dehors du fait qu’il n’a aimé ni les prix, ni le vendeur de cette boutique. Je le vois en tout cas prendre des notes sur son téléphone, et je l’imagine déjà en train de projeter dans son esprit un espace dédié à cette passion dans sa serre, chez nous.
Avant d’aller sur le campus retrouver les deux chéris blonds, nous passons au musée d’art moderne, mais abandonnons l’idée d’entrer dedans : l’espèce de serre avec un arbre et une baignoire à l’entrée ne nous séduit pas, et plutôt que l’art moderne, nous passons sur notre trajet au Jardin Japonais situé sur une petite île au milieu de la rivière bordant la fac. Le botaniste en herbe est tout excité, il regarde les plantes aux jeunes pousses, parfois en fleurs sous le léger soleil printanier. Après en avoir fait le tour trois fois - et être presque tombé à l’eau une ou deux - nous allons rejoindre nos amis, qui nous donnent rendez-vous dans une petite brasserie très prisée des étudiants. À la fois délicieuse et très abordable - pas que nous n’ayons pas les moyens, mais Matt ne veut pas que Damien se ruine tant qu’il n’a pas un salaire pour lui rendre la pareille - nous mangeons des burgers aussi réussis qu’en Amérique; logique, puisqu’à la base, ils viennent d’Allemagne, comme le nom du resto où nous sommes.
Le repas tourne soudain un peu court, car Matt a ses épreuves qui reprennent prochainement. Je ne sais pas pourquoi il se met à stresser, puisque Damien, qui suit les horaires, lui a prévu de la marge. Mais, en panique, il ne prend même pas son dessert, que je lance dans les mains d’un Damien partageant son stress et qui file à sa suite. Confortablement assis, je reprends une boule de Berlin tout en passant un bras autour de l’épaule de mon rouquin, qui me tâte les abdos.
– Attention, avec ce que tu manges ça va fondre tout ça !
– Et je te plairais moins ?
– Bah non ! Mais ça serait surprenant. Enfin tant que tu me fais des calins moi ça me va.
– Et tant que j’ai du sexe, je reste musclé, pour que tu me regardes toujours comme si ça te paraissait impossible qu’un tel mannequin soit ton mec !
Je me prends une tape sur le bras, suivi d’une caresse alors qu’il approuve mon statut de beau gosse. Pour le remercier, je lui roule une pelle jusqu’à ce que l’on manque d’air !
Après avoir payé, nous passons aux WC, eux aussi dans le style rétro industriel des années 1980. Le distributeur de capotes m’amuse et je jette un regard coquin à mon bébé, qui lève les yeux au ciel : ce n’est pas pour lui le lieu d’un tel amusement. Puis de toute façon nous nous passons de préservatifs, et qu’aurais-je fais d’une taille standard ? Je glisse quand même ma main dans son pantalon, pour caresser par dessus son boxer ses merveilleuses petites miches bombées.
Nous passons notre après-midi à continuer de visiter le centre-ville, et le marché plus haut. Même sans rien acheter, mon bébé aime faire les marchés, et je sens dans son esprit la cuisine qu’il peut préparer. Nous ne nous arrêtons que devant une boulangerie, c’est l’heure du goûter en avance; j’empêche le glouton de dévorer seul la part de far breton, je sais qu’il va être malade ce soir autrement. Il lui faudra dans tous les cas un jus de citron pour aider son foie.
Un peu plus loin, un numéraliste attire l’oeil de mon rouquin, toujours aimanté par ce qui brille - mais est-ce un dragon ou bien moi ? cela dépend de quel point de vue l’on se place pour dire qui est le trésor jalousement gardé… Je vois quelques pièces qui m’attirent également, un denier romain en argent daté de Marc Antoine, une Lire de 1943 et un ancien Franc de 1930. Puis je remarque que la vitrine renvoie le reflet de mon petit mec, et de son corps affolant. Il voit mon regard et rougit, décide de continuer à marcher pour ne pas que je sois tenté de lui faire des choses indécentes contre la vitrine d’un innocent commerce.
Une des choses véridiques, dont Matt nous avait parlés, pour nous repérer dans cette ville inconnue, c’est qu’il faut utiliser le seul building comme point de repère. Visible depuis presque toutes les rues du centre-ville, il permet de se diriger très facilement une fois un grand axe retrouvé. Mais nous nous en éloignons pour le moment, afin de découvrir un vieux passage comme l’on en faisait à Paris dans les années 20. Et même moi qui ne suit pas très branché architecture - autre que celle du corps de mon bébé que je rêve de tringler depuis ce midi - je suis impressionné par le lieu, le grand escalier, les balcons décorés et la verrière, débouchant tout près de deux librairies plutôt anciennes, ainsi que deux chocolatiers. Nous prenons d’ailleurs dans l’un des deux quelques spécialités locales, mais nous les mangerons avec nos amis, histoire de ne pas prendre toutes les calories; c’est bon, mais tellement plein de beurre ! Je retiens d’ailleurs Valentin qui veut encore en manger, car “c’est trop bon le kouign-amann et le gâteau nantais” … Mais je ne veux pas qu’il ait mal au ventre, alors je lui prends le sac des mains, et ne le laisse pas apaiser ses pulsions sucrées malgré ses yeux suppliants.
La nuit tombe doucement et le pauvre forçat est libéré pour aujourd’hui. Trop épuisé, Damien nous prévient qu’ils sont rentrés. Nous les rejoignons rapidement afin de donner à manger à Matt, ainsi qu’une boisson pour sa gorge douloureuse - et il ne s’agit pas de pipe sauvage en fond de gorge, la seule lèche qu’il fait, c’est à son mec. Le pauvre n’a tellement plus de voix qu’il regarde le marabout lui préparer un remède avec ses yeux de chaton ! Puis, après le repas, aucun de nous ne traîne à se coucher; entre les examens intenses ou la marche et la bouffe, je doit-être le seul encore d’attaque avec Damien. J’attendrais demain pour plonger au plus profond de mon chéri…
J’ai d’ailleurs l’occasion parfaite puisque Damien et Matt partent tôt. Mon bébé, déjà réveillé, est la proie idéale : en boxer, chaud, tout contre moi, je n’ai plus qu’à tirer les bonnes ficelles - ou plutôt caresser les bons endroits - pour avoir mon roux volcanique. Et malgré ses (très faibles) protestations, j’entre en lui. Dos à moi, je le laisse profiter d’un moment tendre et chaud. Je le sers dans mes bras, embrasse son cou, caresse ses cheveux, au point qu’il se cambre et oublie ses peurs. Il tente de m’empêcher de poser la main sur son sexe gonflé à l’extrême, mais je le prends juste en main; ça ne l’empêche pas d’exploser, il libère sa jouissance entre mes doigts. J’en profite pour lui donner un orgasme dévastateur en pistonnant sa prostate, avant de décharger le fruit de mes boules en lui. Le bruit humide lorsque je sors de son antre me laisse croire que j’ai été bien généreux et qu’il a joui du cul. Ce n’est pas son avis, lui toujours si optimiste voit là le négatif, qu’il faut laver les draps ! Nous ne partirons donc que lorsqu’ils sortiront de la machine à laver pour être étendus.
Une fois ce léger contretemps ménager réalisé, nous allons cette fois à l’Est du centre-ville découvrir la maison de l’écrivain du seul livre que j’ai lu durant ma scolarité, Le tour du monde en 80 jours. Je suis parfois jaloux de mon bébé, Matt, et Damien, et leur passion pour la lecture; un sujet de conversation sur lequel je n’ai rien à dire, les seuls objets avec des pages que j’ai ouvert sont des magazines de voitures, des manuels de montage, ou des revues pornos… J’essaie pour une fois de m’intéresser, suis les explications de mon bébé moins intarissables que celles que pourrait faire Matt. Je ne comprends d’ailleurs qu’à la fin qu’il me parlait aussi du prix réduit que nous avons payés, la dame ne nous a pas fait régler la pièce souvenir; oubli volontaire ou pas ? Damien, le midi - après s'être retrouvé devant la cathédrale pour la visiter - cette fois en haut de la tour de Bretagne, m’accuse d’avoir totalement perturbé une pauvre caissière en mal de mâle viril. C’est vrai que ça ne ne serait pas la première fois que je fais mouiller une dame ! Malheureusement pour elles, je suis gay et en couple…
Après un bon petit chocolat chaud, nous allons prendre un vrai repas posés calmement dans une crêperie calme et décorée à l'ancienne, près d'une petite église ; les dernières épreuves du petit blond seront demain. Nous testons d’ailleurs une autre spécialité locale; encore des crêpes, avec fromage local cette fois. Quel bonheur d’être en couple et de pouvoir partager deux plats qui donnent envie aux deux ! C’est pareil pour le dessert, sauf que contrairement au plat nous en prenons deux par personne. Matt me corrige lorsque je lui dis que ma crêpe salée n’était pas assez copieuse, c’est une galette car c’est au blé noir. J’hausse les épaules, pour moi ça reste un truc rond à fourrer si l’on veut !
Nous passons ensuite l’après-midi restant sur l’île des machines pour découvrir des “robots” inspirés de l’imaginaire de Jules Verne. Je suis presque déçu que nous ne soyons pas en été, j’aurais bien fait mouiller un petit mec de notre bande devant l’éléphant mécanique. Mais il y a des fois où les blagues ça ne fonctionne pas toujours !
Plus loin, les longs entrepôts au bord de la Loire rendent le lieu un peu maussade lorsqu’ils ne sont pas reconvertis. En face, sur l'autre rive, un ancien cuirassé agrémente les quais. C’est en voyant le signe de la marine que mon bébé me demande comment nous allons nous habiller à notre mariage. Un bel habit, comme un costume, un peu cintré, mais en inspiration de commandant de la marine serait effectivement sympa, noir pour moi, blanc pour lui. Ou l’inverse, même si le blanc lui correspond mieux, symbole de pureté. Mon beau bébé tout tendre…
Nous rentrons alors que les nuages commencent à s'amonceler, le beau temps ne peut pas éternellement durer dans cette région ! Surtout, Matt commence à montrer des signes de fatigue, et il doit encore être d’attaque pour demain !
La matinée s’écoule calmement, tous ensemble, à regarder un film. Damien a réussi à faire lâcher ses révisions à Matt, qu’il passe les deux heures avant sa dernière épreuve à se détendre; il n’en sera que plus productif - ce qui m’empêche pour le moment d’être productif dans mon bébé, mais je lui donne ce qu’il aime par dessus tout ! Un câlin dans mes bras… Et quand vient l'heure de l'épreuve, nous accompagnons nos deux amis jusqu'au jardin japonais.
Nous errons lentement dans la ville, le peu de temps que nous avons ne permet pas d’aller trop loin. J’écoute d’une oreille mon rouquin qui parle du mariage, il connaît mes goûts et n’a pas spécialement besoin de mon avis. Puis nous voulons quelque chose de simple, surtout que nous ne savons pas vraiment qui viendra, en dehors de nos parents; une fois la date fixée, je vais me rappeler auprès de nos chers officiers croisés pendant les vacances d’hiver, nous avons tellement eu un bon contact : c’est toujours les gens dans les petits coins paumés qui sont les plus accueillants et qui traitent leurs hôtes comme leur propre famille. J’aimerai beaucoup les revoir, pour faire une petite surprise à mon bébé.
– Bébé ! Pour le mariage, je peux m’occuper des invitations ?
– Ah, euh si tu veux chéri oui. Et comme témoin tu veux choisir qui ?
Il me regarde en souriant, comme à chaque fois que nous discutons à deux des choses à préparer pour notre union.
– Soit Owen, s’il peut venir, sinon Matt, comme ça Damien est le tien. Quoique je peux directement demander à Matt pour être sûr.
– C’est toi qui décide, mais faut pas regretter de ne pas avoir demandé à ton frère.
– J’ai passé plus de dix ans sans lui, on est deux étrangers. Matt me connaît mieux que lui. Ma vraie famille est celle de coeur, pas de sang; le seul qui m’aimait vraiment…
Je soupire et attrape mon rouquin. Après un bref câlin, je le porte sur mon dos, j’ai besoin de son contact. Les gens nous regardent et nous rigolons de leur mine parfois outrée. Je me moque ouvertement d’une mère devant ses enfants, qui cache les yeux de sa progéniture en se signant :
– Si dieu n’avait pas rendu ça agréable, cette bigote aurait pas eu autant de mômes ! Et combien vont aimer sucer des bites ? Il n’y a que les voies du seigneur qui sont impénétrables, ceux de ses sales gosses non, avec un peu de chance ils vont développer quelques talents avec un prêtre.
Je m’éloigne sous la harangue infernale de la bonne femme, mort de rire, pendant que mon petit prince semble un peu gêné - il préfère passer inaperçu, mais un tel comportement ne me laisse pas sans réagir. La religion est censée apprendre la tolérance ! L'Amour de son prochain ! L'acceptation de la différence… Donc, pourquoi un tel comportement ? J’ai hâte qu’un de ses cinq mômes lui annonce préférer le même sexe, peut-être remettra-t-elle ses croyances en cause. L’Amour, ça reste de l’Amour, elle n’a qu’à fermer les yeux sur les pratiques - quoiqu’elle pourrait les appliquer pour éviter d’avoir une telle marmaille, elle me semble bien partie pour en pondre au moins deux de plus !
Il me vient soudain l’idée de passer notre soirée dans un bar gay, là où Matt n’a probablement pas dû souvent aller, tout comme Valentin. Ils ne vont déjà pas souvent dans un bar standard… Je propose l’idée à Damien, et nous nous mettons d’accord pour aller au premier qui sera ouvert, à vingt-et-une heure, après un petit resto. Nos deux copains ont beau avoir mangé à toute allure, le grand blond et moi faisons exprès de traîner, pour qu’il soit l’heure d’aller dans le bar. Le pauvre Matt est exténué, il s'accroche à Damien malgré le repas qui lui a pourtant redonné de l'énergie. J'ai presque de la peine de faire marcher jusqu'à la porte excentrée, il nous faut presque dix minutes pour y arriver, après avoir été un peu trop loin. Nous passons rapidement la porte alors que le vent se lève, et tirons la petite sonnette, comme demandé. Dans le minuscule et sombre vestibule, nous attendons le caissier pour entrer. Lorsqu’il arrive, tout sourire, nu comme un ver mais à demi caché par le comptoir, je sens les autres se contracter.
– Bonsoir Messieurs, bienvenue ! C’est la première fois que vous venez, non? Je me souviendrais de tels hommes. Bon, par contre je vous préviens, ce soir c’est soirée à thème.
– D’accord, et lequel ?
– Cagoule naturiste. Vous voulez entrer ?
Je regarde les deux visages encore plus déconfits - passer de la surprise “boîte gay” à “soirée cagoule naturiste” doit effectivement faire un choc lorsqu’on n’est pas habitué à s’exposer - et nous déclinons poliment. L’homme nous souhaite une bonne soirée et nous sortons dans la rue.
– Bah pourquoi on ressort, il était pas bien ce bar?
Nous éclatons de rire devant l'air endormi et à l'Ouest de Matt. Je crois qu'il n'a rien capté. Il approuve notre choix de fuir la soirée une fois au courant…
– Bon, on fait quoi, on essaie celui qui ouvre à 22h ?
Les trois autres n’ont pas l’air enchantés de ma proposition, surtout que le vent continue de souffler et à amener quelques gouttes. Ils me suivent cependant jusque devant le bar suivant. Une demi-heure à attendre avant son ouverture. Au bout de cinq minutes, avec la pluie battante qui nous trempe à travers nos vêtements, nous décidons de rentrer. C’est ce qu’on appelle une soirée qui tombe à l’eau ! En tout cas, j’ai hâte de raconter à John la tête de mon copain et celle de son fils lorsqu’ils ont entendu les mots “cagoule naturiste” !
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