Frenchies in a New World - Chapitre 24 : Partie 1
Chapitre 24 - partie 1
15 juillet, 20h - Valentin
Je viens de quitter mon futur mari, et déjà je me sens bizarre. Je ne vais pas dormir avec lui ce soir, alors que je n’ai pas passé une nuit sans lui depuis plus d’un an, lorsqu’il m’a avoué ses sentiments…
Je soupire, conduit par Damien, entre mes parents. Nous allons passer la nuit dans un hôtel luxueux de New York, car, vu toutes les traditions que j’ai invoquées pour justifier mes choix de mariage à Thomas, lui m’a fait le coup du “les mariés ne doivent pas se voir avant le mariage”. Je pensais au début qu’il disait ça pour plaisanter, mais non…
– Tout va bien mon poussin ?
– Oui maman, je stresse juste, il faut que demain tout se passe comme prévu.
– Ne t’en fais pas, tu nous as donné le planning et assez briefé avec Matt pour que tout se passe comme sur des roulettes ! Donc maintenant profite ! Tout va être parfait. Tu pourras stresser au mien, car ça sera toi le sous-chef organisateur.
Je jette un regard aux yeux verts de Damien. Me voilà rassuré ! Le nœud dans mon ventre diminue. A peine. Je sens que quelque chose va arriver; juste je ne sais pas encore quoi.
Je regrette de ne pas avoir insisté pour passer la nuit à l’appartement lorsque je vois l’intérieur du hall de l’hôtel réservé par mon chéri obsédé : il est certes magnifique, mais pourquoi a-t-il fallu qu’il choisisse le seul endroit où le personnel est torse nu, et tient plus du mannequin que du groom? J’essaie de me concentrer sur la superbe décoration, mais mes yeux retournent inlassablement sur les tablettes symétriques et sculptées des employés.
La première surprise de la soirée est qu’une seule chambre a été réservée. Mes parents se voient donc contraints de nous laisser. Damien reste au moins pour me montrer la suite choisie par Thomas, et prendre en vidéo mes réactions. Malgré le cadre incroyable avec vue sur la mer, je peste contre mon petit ami; Damien n’arrête pas de rire, encore plus quand je lui dis qu’à force il va masquer les sons de mes protestations. Une fois la caméra coupée, il s’assoit dans le canapé douze places et ouvre la bouteille de champagne qui nous attendait.
– Tu bois ?
– Non merci, il faut que je garde les idées claires. T’es sûr tu ne veux pas rester avec moi cette nuit ?
– C’est pas de l’alcool, mais une eau pétillante de luxe ! Ton mec te connait voyons… Et pour répondre à ta question, non je ne me marie pas demain donc je vais retrouver mon copain ! D’ailleurs je vais y aller, il commence à se faire tard ! C’est fou le temps qu’on a mis à saluer nos invités et aller voir que tout allait être prêt pour le buffet !
Je fais la moue, Damien me prend en photo, trop heureux de remplir ses dossiers pour les montrer à Thomas ensuite.
– Je vais montrer à ton chéri que tu n’aimes pas être sans lui, il va en être ravi ! Mais t’en fais pas, la nuit va passer vite ! À demain mon frérot !
À peine est-il parti qu’on toque à la porte. J’ouvre pour tomber sur le sosie châtain de Captain America, qui me présente une lettre sur un plateau d’argent. Mon dieu, sont-ils obligés de rester dans cette tenue malgré la fraîcheur des couloirs? Ses tétons durcissent devant moi, tandis que ses biceps laissent ressortir les veines bleutées. J’ouvre le mot en essayant de me concentrer et en évitant de vérifier si un autre endroit gonfle - il ne vaut de toute façon pas mon chéri, avec ses tétons larges et cuivrés, et ses grands bras qui me protègent si bien.
Mon bébé,
Tu es seul ce soir, pour la dernière fois avant que je te passe la bague au doigt. Je ne sais pas si bien écrire que Matt (il vérifie par dessus mon épaule que je n’écrive pas n’importe comment), mais je voulais encore une fois te dire à quel point je t’aime, et que tu es si important à ma vie. Même lorsque nous n’étions qu’amis, j’ai passé les plus beaux moments de mon existence. Je sais qu’avec toi à mes côtés, la fin de ma vie arrivera trop vite; il n’y a qu’à voir comment cette année est passée à toute allure.
J’imagine que tu n’aimes pas être seul, surtout face à un mec à moitié nu - plutôt sexy avoue-le. J’en profite pour te poser encore une fois la question : es-tu certain que tu veux t’unir à moi ? Tu m’apportes tellement, mais j’ai l’impression de ne pas faire assez, de n’être là que sexuellement pour toi. Je te désire tellement ! Matt me dit que c’est parce que je t’aime et que je te le prouve de manière pénétrante, mais tu sais que je te fais beaucoup de câlins aussi. En tout cas, dernière soirée où tu peux profiter… Si tu décides de me dire oui demain (dans le cas contraire, tu pourras t’amuser avec qui tu veux), tu seras lié à moi (enfin tant que tu divorces pas…).
Je te vois lever les yeux au ciel ! Oui, mais comprends que tu es parfait de mon point de vue, alors pourquoi me choisir moi ? Tu mérites le meilleur. Ne soupire pas ! Je sais que pour toi je suis le meilleur. MAIS si tu veux te faire plaisir avant le mariage… et bien profite de cet hôtel particulier, où ceux qui y travaillent sont des escorts, payés pour la fonction de groom et… bah j'vais pas te faire un dessin.
En tout cas, quoi que tu choisisses, j’accepterais. Je te dis à demain mon bébé, j’ai hâte de pouvoir te porter dans mes bras, sentir ta douce odeur, t’embrasser… Je serai l’homme en bleu à côté de l’autel, impatient de te voir. J’espère que tu vas pas trop me faire bander.
En attendant demain, je te fais de GROS bisous.
Thomas
Comme il l’a prévu, je fais bien les deux actions citées dans son petit mot. Le tromper juste avant de me marier ? Il n’est pas net ! Je remercie donc l’homme à ma porte qui s’efface en me chuchotant un “à votre service” qui illustre parfaitement en quoi peuvent consister lesdits services ! Je claque presque la porte et la verrouille, avant de m’assoir sur le lit - matelas à eau qui me fait rebondir - et de fermer les yeux. Qu’est-ce qu’il a bien pu prévoir d’autre ? Il sait que je déteste les surprises, surtout quand elles sont sexuelles, encore plus quand ce n’est pas lui qui me les fait.
Pour me rassurer, et pour obéir à mon instinct autant que pour vérifier qu’il n’y a pas besoin d’ajustement de dernière minute, j’enfile mon habit de marié. Impeccable. Je pense à la lettre de Thomas, et me cambre : n’est-ce pas un peu moulant ? Je me mettrais devant lui pour les photos de mariage… Je n’imagine pas l’effet que je vais lui faire, dans mon deuxième costume, lorsqu’il le découvrira sur le trajet de notre Lune de Miel !
– Service de chambre !
Quelques coups à la porte me font sursauter. Je n’ai rien demandé !
– Bonsoir monsieur, c’est pour le massage.
– Je ne sais pas ce qui a été prévu, mais je ne suis pas d’accord, je veux passer ma soirée sans être dérangé.
Je regarde, suspicieux, le plus “vieux” - la trentaine - des deux mastodontes s’approcher de moi, un flacon d’huile de massage “Aphrodisiaque” et une serviette entre les mains. Il me dit quelque chose lui… où est-ce que je l’ai déjà vu ?
– Allons, détendez-vous, on ne va pas vous manger, sauf si vous nous le demandez.
Captain Châtain s’approche près, trop près, alors je reporte mon attention sur lui pour éviter de me coller à son torse impeccablement lisse et à ses pointes dardées vers moi.
– Dors bien Valentin.
Je me tourne vers le trentenaire sexy, bouche bée; il connait mon prénom? Je n’ai pas le temps de réaliser qu’il me met la serviette sur le nez, une odeur d’éther me fait tourner la tête et je m’écroule.
***
16 Juillet, 11h - Thomas
La nuit a été dure. Je sais qu’elle l’a été tout autant pour mon bébé; mais nous allons bientôt nous retrouver et nous lier par un bout de papier. Je ne lui ai pas encore dit, mais je vais prendre son nom, pour définitivement laisser le mien dans le passé, mort, comme mon cher paternel. Lui est mon présent et mon avenir.
Je marche vers l’autel du lieu de notre alliance avec une légère appréhension : toute ma famille est là, celle de mon bébé, tous nos amis - sauf Owen, parti si j’ai bien compris au Japon. J’entends des murmures, à propos du retard du deuxième marié, ou bien le fait que nous n’allons signer qu’aujourd’hui le contrat de mariage. Entre ça et la lettre que je lui ai laissé à lire, je commence à avoir peur qu’il ait changé d’avis ! Mon coeur s’emballe, et je surveille l’aiguille de l’horloge. Il ne se calme que lorsque j’entends des sirènes approcher.
***
15 juillet, 22h - Valentin
– Bon, alors, on lui fait quoi?
– Je sais pas, il t’a dit quoi ?
– De lui faire une surprise et de l’amener demain en grande pompe.
Je ne vois rien mais j’entends deux voix d’hommes, trois respirations. De quoi parlent-ils ?
– Bon, les gars, je comprends rien à ce que vous dites, est-ce que vous avez besoin de moi?
– T’as été engagé pour passer la nuit avec lui non? Être à son service, tout ça.
– Oui, mais…
– Je vous entends, qui êtes-vous, vous me voulez quoi !? Si c’est de l’argent, j’en ai.
Le silence se fait, puis des mains douces mais fermes me soulèvent pour m’asseoir et retirer le sac en tissu qui me couvrait le visage. C’est là que je réalise que je n’étais pas attaché. Je me tourne ensuite vers mes ravisseurs, et c’est là que je percute en voyant les deux armoires à glace imposantes à l’air de famille flagrants malgré la différence d’âge :
– Pour des policiers, vous ne savez vraiment pas faire un enlèvement !
Les deux agents fédéraux de Cocktown assis à ma gauche, Eden et Enki, éclatent de rire, tandis que Captain Châtain s’assoit du côté libre. Je ne suis pas à l’aise, entouré “d’inconnus”, surtout l’escort qui me fait penser au mélange de Thomas et Nicolas… Mais ils finissent par me mettre à l’aise au point que je renfile mes habits de nuit, après m’avoir raconté quelques histoires sur leur petite ville, tandis que Captain Châtain nous raconte ses déboires en tant qu’étudiant avocat. Son histoire touche d’ailleurs tellement mon coeur en guimauve que je m’engage à l’aider afin qu’il réussisse ses études, et qu’il n’ait plus à vendre son corps - après, s’il continue, ce sera son choix, pas par besoin. Il me semble d’ailleurs que notre service juridique manque d’un ou deux postes; je peux déjà lui proposer un stage !
Quelques heures plus tard, je réalise que je suis encore sur le canapé à discuter au lieu de dormir pour être présentable demain. Nous étions partis dans une discussion sur les anesthésiques, avec une explication de pourquoi les roux réagissent différemment aux somnifères. La génétique est toujours passionnante lorsqu’on ne l’applique pas en cours ! Mais je donne enfin congé au nouveau de notre compagnie, avant de me tourner vers les deux policiers :
– Bon, j’imagine que vous êtes invités au mariage, et que c’est mon cher Thomas qui vous a dit de me faire une blague. Maintenant, vous dormez où? Je vous laisse le lit pour avoir plus d’intimité ?
Ils deviennent rouge pivoine et refusent de me dire pourquoi, alors je leur fais un clin d’oeil conspirateur, avant de me lever et de tirer la méridienne du canapé à l’autre bout de la chambre. C’est bien assez confortable pour moi, je n’ai pas besoin du matelas à eau !
Malgré le fait que je dorme avec deux mecs presque inconnus dans un lieu inconnu, je sombre comme une masse. Le grand soleil sur lequel j’ouvre les yeux me fait bondir du lit : je vais être en retard ! Je saute sur mon téléphone pour regarder l’heure, il m’en reste une pour arriver auprès de mon fiancé. Je regarde les deux masses de muscles qui dorment à l’autre bout de la pièce, les draps dans tous les sens, et je comprends pourquoi ils ne m’ont pas réveillé aux aurores. J’espère que Damien a vraiment tout pris en charge dans l’organisation, de l’installation des petits fours en passant par le gâteau, mais aussi le placement de nos parents - les deux femmes ne doivent pas être dans mon champ visuel ou à portée d’oreille afin que je n’éclate pas à mon tour en sanglots.
Je vais me laver rapidement, m’habille, me coiffe, avant de secouer les deux dormeurs du bout de leur matraque. Ils sautent dans leur uniforme sans me demander quoi que ce soit, et me pressent même d’aller plus vite ! J’ai à peine le temps de fermer mon sac qu’ils sont à la porte de la chambre. Avant que j’aie le temps de le réaliser, je suis dans une voiture de police, sirènes à tout va et lancé à fond la caisse, en direction de Central Park. Lorsqu’on arrive devant le bâtiment, je vois mon père pâlir, lui qui m’attend pour m’amener comme le veut la “tradition” jusqu’à l’autel. Je sors de la voiture escorté par les deux policiers en uniforme, et avant que mon paternel dise quoi que ce soit, je le coupe :
– Je vous expliquerai plus tard.
Je le vois encaisser, réfléchir, et mon coeur est étreint par l’émotion quand il me répond, tout en me tendant un bouquet de roses rouges :
– Tu… es très beau, mon fils. Je suis très fier de toi.
Je me remets tout juste d’aplomb alors que la Marche Nuptiale de Mendelssohn commence à résonner à l’intérieur du château. Mes jambes tremblent, je trébuche dans les marches, retenu par le coude pour éviter de salir mon beau costume. Les quelques couloirs décorés défilent rapidement, sans que je fasse attention à la décoration. Ce n’est que lorsque les grandes portes en chêne de la grande salle s’ouvrent que je regarde autour de moi. La salle de cérémonie est superbe, à la frontière entre princière et moderne, pleine de fleurs, de couleurs, à défaut de beaucoup d’invités - même si je vois Peter, Charlie et toute une famille aussi rousse que le premier qui me fait signe quand il me voit. Je jette un oeil à ma mère, à côté des parents adoptifs de mon presque mari, aux deux garçons d’honneur. Mais ensuite je n’ai d’yeux que pour lui, superbe, viril, élégant, dans son trois pièces impeccable, bleu marine, jumeau du mien blanc. Moulant mais sans être indécent. Et son visage au sourire éclatant lorsqu’il me rend mon regard…
La solennité du moment ne manque pas d’humidifier mes yeux alors qu’au premier rang déjà j’entends se moucher les femmes. Je trébuche sur le tapis alors que la musique stoppe, mon bouquet en main, me rattrape in extremis à la veste de Damien, que j’entends craquer. Rouge, je tends la main à Thomas qui la prend et la serre doucement. Puis l’on se tourne vers la marieuse, une représentante de la mairie de New-York. Il en profite pour se pencher à mon oreille.
– Tu es magnifique bébé. Je suis tellement heureux. Tu m’en veux pas pour ta soirée?
– Mes biens chers frères, soeurs, elfes, esprit, dieu ou mortel, ou qui que vous soyez, nous sommes rassemblés en ce jour pour fêter l’Amour et unir par les liens sacrés du mariage deux âmes destinées. Si quelqu’un veut s’opposer à cette union, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais.
Quelques secondes passent où une boule m’étreint le ventre, mais je sais Nicolas en “séminaire” avec l’un des employés de la boîte. J’entends les cliquetis de l’appareil photo qui immortalise ce moment et ceux à venir.
– Vous pouvez échanger vos voeux.
– Valentin Cordoux, mon rouquin d’amour; tant de merveilleux moments passés à tes côtés. Je jure de t’aimer toujours jusqu’à mon dernier souffle, de te protéger, de te chérir. Acceptes-tu cet anneau en gage de mon engagement ?
Matt lui tend une bague magnifique, encore plus jolie que celle de fiançailles, à la fois simple et travaillée. J’hoche la tête et le laisse me la passer au doigt. Je me tourne vers Damien et récupère l’anneau - encore une fois presque jumeau.
– Thomas Duroc, mon chéri. Cette année à tes côtés a été riche en rebondissements, et à la fois merveilleuse. Je reprends ma respiration et continue la voix chevrotante. C’est comme si je te connaissais depuis toujours. Je m’engage à t’aimer, pour le meilleur et le meilleur, à accomplir mon devoir conjugal, à prendre soin de toi, jusqu’à la fin de ma vie, et même après si je le peux. Veux-tu m’épouser ?
– Bien sûr bébé.
C’est mon tour de lui enfiler l’anneau. Nous nous tournons ensuite vers la femme qui nous tend les papiers de mariage, déjà signés par nos témoins. Une petite larme m’échappe lorsque je vois uniquement mon nom à côté de nos deux prénoms. Je n’ai pas le temps de laisser échapper plus de larme que les quelques mots résonnent :
– Vous pouvez sceller votre union.
Mon mari me colle à lui, les yeux brillants, et comme dans ces vieilles comédies romantiques, il me penche en arrière pour m’embrasser langoureusement et passionnément. Je m’accroche à son cou, tout s’est déroulé si vite et un peu mécaniquement, mais là, l’instant est figé. Plus rien n’existe, je suis comme entouré de nuages, contre mon Amour. Puis le retour sur Terre, avec les applaudissements de l’assemblée. Je me redresse, regarde celui que j’aime, puis ceux qui comptent à ma vie. J’éclate en sanglots à voir ma mère pleurer, alors que je suis si heureux ! Direction l’esplanade devant le château du belvédère de Central Park, où nous attend la grande tente immaculée, avec la piste de danse, le buffet royal, l’immense gâteau. Devancés par une partie de la foule, nous sortons des grandes portes sous une pluie de pétales, ainsi que les poignées de grains de riz jetés avec plus ou moins de précision.
Une fois sous la grande corolle blanche fleurie, les quelques musiciens qui nous y attendent déjà entament une valse romantique, parfaite pour cet instant sous le soleil. Je me laisse entraîner par mon cavalier, toujours le bouquet en main. C’est seulement après une danse que je m’arrête et le lance maladroitement dans mon dos… sur le pauvre Matt, qui se retrouve couvert de pétales de rose ! Je me confonds en excuse alors que les notes de La vie en rose commencent, et que plusieurs couples se mettent à danser.
Après une danse avec Thomas, j’en fais une avec chaque parent, puis Matt - qui n’arrête pas de me marcher sur les pieds, raide comme un balai, peu habitué de ce genre d’activité - et enfin Damien.
– Alors, ton mariage te plaît ?
– Un vrai conte de fée ! Mais on nous dit jamais comment passe vite l’instant qu’on a mis des mois à préparer !
– Et encore, tu n’as pas passé ta Lune de Miel; Tu as vu le carrosse avec lequel va t’emporter ton Prince Charmant?
Une superbe Cadillac V16 couverte de fleurs et de la banderole Just Married attend au coin de l’allée. Mes yeux pétillent, c’est pour ça que Thomas ne voulait pas que je vienne voir dans son garage depuis des mois ! Le blond me fait un clin d’oeil auquel je réponds de manière appuyée, et il me rend élégamment à mon époux, qui porte Matt sur ses pieds pour le faire danser sans souci. Nous quittons tous les quatre la piste pour aller faire la séance photo, puis nous rendons devant le buffet - et pas l’inverse pour ne pas tâcher nos beaux habits avant d’avoir le souvenir sur pellicule. Nous n’y sommes pas les premiers, nos deux agents fédéraux s’y sont attaqués, suivi par une tripotée de petits rouquins qui courent dans tous les sens.
– Et ben Valentin, en voilà an amazing party ! J’espère qu’on est pas venus trop nombreux.
– Mais non, Thomas m’a dit le nombre d’invités, y a de quoi faire. En tout cas j’ai jamais vu un tel rassemblement de roux, je vais finir par croire que tu fais partie de la famille Weasley ! Mais je croyais que tes parents t’avaient répudié ?
– Ahah, très funny, monsieur le Weasley frenchie; et là c’est mes cousins ! D’ailleurs, coupes le gâteau avant qu’un des petits le fasse s’écrouler.
Effectivement, la pièce montée tangue alors qu’un papillon poursuivi par deux petits êtres bien énergiques traversent l’assemblée. Par sécurité, je demande à Thomas de dresser un périmètre de protection alors que j’appelle tout le monde à manger, après un petit discours, très succinct, pour remercier la présence de nos invités, parler de mon amoureux et finir sur un “à table” approuvé par tous. Je vois une raideur dans le pantalon de mon amoureux lorsque je me penche pour saisir les assiettes, mais il devra attendre ce soir au moins !
En parlant d’assiettes, il en manque, alors je me rends dans la petite salle où tout est prêt à être amené. J’y trouve les deux blonds qui se remballent rapidement alors qu’ils devaient être en train de s’offrir un moment coquin, vu la chemise ouverte de Damien; les pectoraux totalement libérés aux aréoles pointues, un ventre aux abdos contractés, et la tête de Matt qui cache l'entrejambe de son copain alors que les deux rougissent quand je les observe fixement. Je ne dis rien et repart avec ce que je voulais, non sans tapoter ma poche en regardant Damien.
Evidemment, le seul qui finit le repas avec de la nourriture sur son costume, c’est moi. Je vais me changer, suivi de Thomas, qui veut aussi mettre son deuxième habit afin que nous soyons prêts à quitter la fête.
– Alors chéri, comme ça tu vas accomplir ton devoir conjugal ?
Sa voix résonne à mon oreille, grave et tentatrice, tout autant que la bosse qu’il arbore dans son boxer. J’ai envie de lui répondre “comme d'habitude” ! Avec un soupir, je me mords la lèvre et lui refuse ce plaisir. Mais seulement pour l’instant. Nous sommes tellement sous le feu des projecteurs qu’on va remarquer une absence trop longue !
De retour parmi les convives, je vois que Thomas n’a pas débandé. Mon ensemble en tweed légèrement moulant l’excite, en plus du fait que cela fait plus de vingt-quatre heures que nous n’avons rien échangé d’autres que de torrides embrassades. Je regarde les aiguilles de l’horloge impatiemment, j’ai tellement hâte de ne me retrouver rien qu’avec lui !
– S’il vous plaît, Ladies & Gentlemen, j’ai une annonce à vous faire. Enfin, pas moi, mais mon frère de coeur, avec qui je voulais partager ce moment.
Le blond me jette un regard “c’était pas obligé” avant de se lever, puis de s’agenouiller :
– Matt, soleil de ma vie et de mon coeur, caresse de mes nuits, ma joie, mon bonheur, ma félicité, veux-tu m’épouser ?
Il sort la petite boîte de sa poche et l’ouvre face à Matt. Je me fais couver du regard par mon chéri, alors que le Chaton accepte la demande, sous les applaudissements. Voilà que nos mamans versent encore des larmes, heureusement qu’il existe du maquillage waterproof !
Pour éviter une troisième coulée, Thomas lance dans la foulée que notre avion nous attend. C’est donc sous les embrassades puis les recommandations que nous rejoignons notre voiture avec chauffeur. Le soleil commencera à descendre à l’horizon dans quelques heures, le temps pour nous d’arriver à destination.
– Qu’est-ce qu’il y a mon bébé ? Tu es pensif?
– Ils me manquent déjà…
– Ne t’en fais pas, tu les revois dans deux semaines ! En attendant, tu es tout à moi…
Je sors de la voiture à côté d’un petit avion de tourisme privé, le copilote se charge des valises alors que Thomas se colle à moi pour me faire sentir son érection. Je me retiens de le déshabiller là, tout de suite. Cette Lune ne va pas faire couler que du miel…
***
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