Frenchies in a New World - Chapitre 28
Chapitre 28
J’observe l’immense étendue de pièces montées et de plats savamment dressés, alignés devant moi. Je ne me souviens pas avoir demandé tout ça ! Le rouquin, infatigable, me les présente uns à uns, en rappelant les goûts de chacun. Il l’a bien compris, dans ces assemblages, c’est principalement ceux de Matt et les miens qui sont mis en avant.
– Et même, celui-ci, doux et vanillé, il a le même genre de goût que ton sperme.
– Ne vas surtout pas dire ça à mon chéri ! Et puis, comment tu t’en souviens?
– Voyons, t’es le meilleur après mon chéri, c’est impossible à oublier… Et sinon les petites figurines…
Changeons de sujet, oui, je ne veux pas devenir une écrevisse. Mais c’est finalement lui qui rougit lorsque je me moque de lui, en lui montrant les petits pénis en chocolat, qui entourent une boîte de petits tableaux illustrant le kama-sutra, cadeau de Thomas pour bien décorer notre buffet.
Nous avons longuement hésité avec Matt sur le lieu où se déroulerait notre mariage; à New-York, il y avait le lieu parfait, toutes les boutiques spécialisées déjà connues, et la vieille dame charmante mais un peu folle qui a pris soin de lui quelques années. Mais nous avons choisit la France, malgré quelques réticences de mon Chaton. Je lui ai promis qu’il n’y aurait que ce que l’on aime, mes parents, et surtout une sacrée réduction sur le voyage pour notre lune de miel - avec en prime un trajet beaucoup plus court aussi. Grâce à cette économie, j’ai pu faire accepter quelques-uns de mes caprices à mon Chaton adoré, comme la calèche tirée par des chevaux, ou la semaine dans un petit hôtel caché, à Murano, une petite ville de style vénitien sur une île à côté de la grande Venise…
Mais surtout, ce qui nous a décidés, c’est la concordance entre un voyage d’Owen en Provence, en tant que sous-directeur intérimaire du rouquin qui, lui, profite d’un mois de vacances avec son chéri. Nous allons donc n’être gratifiés de la présence du grand frère Duroc sur les quelques heures de mariage - allez savoir pourquoi, Nicolas a décidé d’ouvrir sa propre filiale française près de Grasse. Quant à notre top modèle préféré, il réalisera au passage un shooting à travers l’Europe, devant les monuments les plus célèbres. De quoi permettre aux jeunes mariés d’avoir tous frais payés une visite des plus beaux endroits du Vieux Continent. Je l’envie presque, c’est le genre de voyage tellement intéressant dont rêve n’importe quel touriste.
Sauf que pour le moment, le touriste en question a son calepin à la main et lance des ordres à la volée. Je l'interromps :
– Valentin, c’est bientôt l’heure de ton rendez-vous, non?
– Je serai en retard. Je dois d’abord vérifier que mon mari est prêt pour ton mariage.
– Il y en a un qui va finir avec son costume moderne et sexy de travers!
Nous éclatons de rire, il me dit à très vite et je regarde filer mon frère de coeur.
Je ne sais pas pourquoi, alors qu’il est happé par la foule qui s’agite comme une ruche en effervescence, je me prends à imaginer un monde où notre colocation serait encore plus unie - bien qu’elle le soit déjà énormément - et il me vient à l’esprit que parfois, la vie ne tient pas à grand chose : un choix, un simple petite différence, et les possibilités de mondes parallèles se multiplient. Ce monde-ci me convient parfaitement, j’aime plus que tout mon Chaton coquin, et mes deux “frères”, tout aussi irrésistibles, indispensables, et qui vont si bien ensemble.
Un petit pincement au palpitant me vient lorsque je songe que nous ne reverrons pas nos colocs durant les trois semaines qui suivront notre mariage. Heureusement, le rouquin a tout préparé, je n’ai plus qu’à attendre l’heure pendant qu’il surveille l'organisation de dernière minute. Je prends donc la direction de la chambre de mon fiancé, qui termine de se préparer.
– Non non, Sweetie, tu n’entres pas ! Tu me verras tout à l’heure, tu as oublié? Je profite de mon gogo danseur !
– Gnin gnin gnin, t’as même pas voulu que Thomas en fasse venir un ! Pourtant il avait choisi le même que celui qui a failli faire craquer son mec !
– Sauf qu’il n’y a pas mieux que toi mon chéri.
Je ne résiste pas, j’ouvre la porte et le serre contre moi. Je ne remarque qu’ensuite qu’il est complètement nu. Mes yeux s'écarquillent et je regarde partout dans la chambre.
– Y a personne, grand bêta blond.
– Et tu m’interdis de venir alors que t’es à poil? Tu sais ce que ça me donne envie de faire?
Sans lui laisser le temps de répondre, je baisse mon pantalon, un sourire sur les lèvres, et le barreau instantanément raide. La surprise sur son visage devient de l’excitation.
– Mais dis donc, j’espère que c’est pas le cul moulé de ton témoin qui t’excite comme ça Sweetie.
– Non, plutôt celui de mon futur mari que j’ai soudainement envie de dévorer et de pénétrer. Mets toi à quatre pattes.
– Plutôt sur le dos, que je vois ton air coquin et appliqué entre mes cuisses.
Je le pousse rapidement sur le lit et glisse entre ses jambes. J’écarte les petites miches glabres et commence à chatouiller le bouton de chair plissé avec la pulpe de mes doigts. Je joue quelques instants sur l’extérieur avant de glisser une phalange à l’intérieur. Je me retiens de lui dire qu’il a le cul bien chaud - chose que ne ferait pas quelqu’un de ma connaissance - et glisse mon index en lui. Je fais exprès de le positionner pour appuyer sur la petite boule dure, il s’ouvrira d’autant plus vite; nous n’avons pas la journée devant nous, hélas !
Une fois que je peux entrer deux doigts, je les remplace par ma langue. Si je ne le fais pas, il va me le demander; nous avons toujours des préliminaires “obligatoires”, qui reviennent souvent, même s’ils diffèrent d’une fois à l’autre. Ses yeux me fixent, j’essaie de ne pas avoir un air trop sérieux et appliqué, le sexe est avant tout de l’excitation et du plaisir. Mais vu sa raideur, ça ne le dérange pas; elle vient même me taper sur le front, ce qui me fait arrêter ma feuille de rose quelques instants pour lui lubrifier la pine. Je me redresse pour venir lui dévorer les lèvres et frotte mon sexe sur sa raie. L’excitation aidant, j’entre en lui et entame un léger va-et-vient, qui s’accélère quand il me le demande.
La sensation de son conduit chaud et serré est toujours si bon ! Je n’en reviens pas de m’être retenu si longtemps avant de vaincre ma peur des aiguilles, il n’y a rien de meilleur qu’être peau contre peau. Nous ne nous quittons pas des yeux et nous nous embrassons avant de changer de position. Je le fais me chevaucher, et je le trouve une fois de plus si excitant à se lâcher à fond. Lui n’a pas peur de prendre son pied ! Mes mains courent sur son corps mince et ferme, finement sculpté, d’un doux chocolat blanc marbré de vie. Son sexe tape à chaque coup de piston sur mon ventre et dépose une goutte de mouille, qui s’étale et lui lubrifie le gland.
Je me retiens de le dévorer alors qu’il me conduit sous la douche pour continuer nos ébats. C’est à mon tour de me faire caresser, il insiste particulièrement sur deux endroits : mes pectoraux et mes brioches bombées.
– Fais bouger ton bubblebutt mon Sweetie… Mmmh, je vais te faire de ces choses, comme tu m’as fait…
– On va marcher en canard pour rejoindre l’autel.
– Surtout moi, t’as vu ce que tu me mets ? dit-il en attrapant mon sexe turgescent.
Je rigole et l’embrasse tout en positionnant son sexe sur mon oeillet. Il rentre presque d’une traite, j’étouffe un petit cri; il n’a pas un cure dent à encaisser ! Il sent que je me suis contracté, alors il attend. Lorsque je me mets à bouger, nous reprenons.
Nous n’arrêtons que lorsque nous sommes prêt à jouir. Là, un coup de savon sur nos sexes d’une sensibilité extrême et je le porte, le retourne, pour un soixante-neuf acrobatique. Ses yeux louchent sur mes biceps gonflés alors que nos bouches avalent avec avidité les attributs virils. Je manque de le lâcher lorsque je jouis, je reste heureusement conscient grâce à la crème que je reçois sur le palais. Lui aussi déguste ma production, je le remets à l’endroit pour qu’il ne s’étrangle pas. Nous terminons notre partie avec un intense baiser, à partager l’ultime trace de notre ébat, puis je me rhabille.
– Bon, c’est pas parce qu’on s’est amusés et que j’ai vu ton beau costume de mariage que tu verras le mien en avance chéri, ouste ! Va retrouver ton frère, il doit commencer à paniquer, c’est bientôt l’heure.
J’approuve d’un hochement de tête, dépose un dernier baiser sur ses lèvres fines et quitte la chambre.
Je suis les couloirs jusque dans le salon. Là, je soupire devant la décoration; mes parents ont vraiment de ces goûts bourgeois ! Heureusement, personne ne voit leur maison secondaire. Mon Chaton va me taquiner là-dessus encore longtemps. Heureusement encore, les moulures sont couvertes de fleurs, ce qui limite l’impression de luxe; quand on sait le salaire minimum gagné par les membres de ma famille, excepté Thomas et son bébé, tous les autres invités présents sont des prolétaires, moi compris ! Sauf que l’argent ne m’apporte pas la joie que m’apporte l’amour.
Le buffet attend sur la grande table, certains plats entourés de glaçons, remplacés par une armée de garçons de cuisine lorsqu’ils commencent à fondre. L’effervescence est complète, à croire qu’il y a eu un mort ! Je repère Thomas qui dépasse tout le monde et me dirige vers lui, sachant que je risque de trouver un rouquin et son bloc-note en main à ses côtés, qui jette ses ordres à tous les subalternes. Par la fenêtre, je vois mes parents remonter l’allée du petit chapiteau blanc, rempli d’invités, décoré pour un mariage de roses blanches et rouges. Un simple arc-en-ciel recouvre l’arcade de fleurs roses, sous lequel attend l’autel et ses deux jeunes mariés à venir. Le rouquin s’agite dans tous les sens et m’apostrophe :
– Damien ! Arrête de rêvasser, et va voir tes parents ! Bon dieu, dis-moi que ton mec va descendre, sinon j’envoie Thomas le chercher et l’amener comme un paquet de linges, habillé ou non…
Il file ensuite sans me laisser le temps de répondre, j’entends ses cris depuis la cuisine. Je me tourne vers le grand brun :
– Qu’est-ce qui se passe ?
– Oulah, plein de choses, malheureusement. Mon bébé tyrannise le personnel, il est très contrarié… Le pâtissier n’a pas livré la pièce montée, Owen traîne sans se rendre utile, Nico drague les serveurs, et en prime mon chéri vient de se faire virer le jour du mariage de son frère. Il a rencontré le père de Nico, il y a quelques heures, et ce vieux connard l’a renvoyé, soi disant qu’il n’a pas supporté que l’entreprise ait été redressé par “l’ex bouffeur de queue de ma tafiole de fils”. Alors même s’il tolère les déviances de Nico parce qu’il lui rapporte du fric, fini le poste de directeur pour mon bébé d’amour… il s’est pourtant investi à fond dans ce job au bout du compte, bien plus que moi même.
– Oh, je comprends qu’il soit agacé du coup, voire même frustré…
– Seulement pour le gâteau ! Maintenant il est un riche chômeur qui va profiter de son argent, et de celui de son mari ! Pour pas avoir de procès, il a eu plus du double de la fameuse prime qu’il n’avait pas eu, si tu te souviens. Donc on va pouvoir retourner vivre une petite lune de miel après les shootings.
– Vous allez partir longtemps…
– Mais non, ça nous raccourcit : tu ne vas pas nous voir deux semaines, le temps que va durer ton voyage de noce, et on se retrouve après le nouvel an. Fais pas cette tête ! Je vais finir par croire que malgré ton mec, on est indispensables à ta vie.
Je souris doucement alors que Thomas cligne de l’oeil. Le rouquin n’est pas le seul drogué affectif à sa “famille”. Heureusement que j’ai mon petit ange à qui donner plein d’amour !
Je rejoins mes parents; ils ont l’air heureux, mais aussi fatigués. Mon père particulièrement, il commence à faire la cinquantaine - à cinquante-sept, c'est acceptable. Ma mère, toujours si éblouissante, est vêtue d'une robe en laine bleue; elle regarde son mari désespérée, puisqu'il a exactement le même costume qu'au mariage du rouquin.
– Alors mon grand, prêt à t'enchaîner à quelqu’un jusqu'au divorce? taquine mon père.
Je réponds en éclatant de rire :
– T'es dingue! Je lui fais développer un syndrome de Stockholm s'il veut me quitter!
– Tu verras dans ta vie, plus tard, si vous vous supportez toujours, oui ! renchérit ma mère. Des fois ton père…
– Heureusement que j'ai un bon coup de rein !
– Mais non, il n’y a pas que ça dans la vie ! Juste tu m'inquiètes avec tes soucis de coeur! Qu'il est bête, ajoute maman en se tournant vers moi. Bon, où est ton fiancé ?
Sans que j'aie besoin de répondre, il apparaît, et je ressens à nouveau le mélange d'émotions de notre première rencontre; il est sublime, dans un épais costume en tweed, dont la couleur rappelle ses yeux. Si c'était possible, j'en tomberais amoureux, encore une fois. Escorté par nos garçons d'honneur qui font aussi offices de témoins, il approche et me rejoint à côté de l'autel. Les lampes chauffantes augmentent la température de quelques degrés, suffisamment pour ne pas sentir l'hiver très doux à l’extérieur des murs en tissu blanc. Le soleil se cache quelques instants dans le ciel, pour laisser à celui de ma vie l'occasion de briller. Je me sens si fier, il est magnifique - comme toujours - et visible par toute ma famille. Seul le vieil oncle acariâtre râle de ne pas voir une mariée "normale".
Les choses s’accélèrent et d’un coup la musique démarre. Tout le monde s’assied alors que nous attendons devant le maire du village, qui s’est expressément déplacé pour nous un dimanche - je soupçonne nos familles d’avoir passé de nombreuses vacances ici, à tel point que l’économie du village en dépend. Je perçois au loin quelqu’un qui se mouche, mais le monde est passé au second plan. L’être le plus important à mes yeux pose sa main dans la mienne.
Les voeux sont vites prononcés. Mécaniquement. Ce ne sont pas les mots qui comptent, ni la bague, ni le papier officiel; je comprends enfin son point de vue, plongé dans ses yeux. Peu importe les mots, l'association administrative, notre nom composé : ce sont nos coeurs qui sont liés, sans métal doré, juste par ce lien invisible mais infiniment plus solide, que nos yeux perdus les uns dans les autres se transmettent. Ce n'est pas la première fois que nos regards partagent plus que les mots, mais aujourd'hui, ils me paraissent si faibles à côté de ce que je ressens. Il est celui pour qui je suis prêt à tout, avec qui je veux construire et passer ma vie.
Lorsque je me penche pour souder nos lèvres, sous les applaudissements, je ne regrette pas d'avoir choisi de fêter notre Union plus simplement que mes frères de coeur. Mon chéri est déjà à moi, parfait, ce n'est qu'une formalité à signer, sous l'oeil plus ou moins émerveillé de la famille. Le plus dur à gérer, ç’a été les fleurs, pas toujours de saison. Mais je savais que je pouvais compter sur Valentin pour réaliser le moindre de mes désirs botanique.
D'ailleurs, les quelques exigences listées à notre organisateur sont parfaitement réalisées. Le carré "vip" n'est constitué que de la famille proche, et plus les tables s'éloignent, plus ce sont des invités présents par politesse. Malgré la distance, j'entends encore les "pendant la guerre, ils auraient été fusillés" de celui qui n'a ses enfants près de lui que grâce à l'héritage qu'il leur laissera - s'il daigne décéder avant eux. Je me concentre sur notre groupe, les deux frères Duroc, le rouquin, les parents, et surtout mon chéri. Quelques tables plus loin, Nicolas me lève son verre, entouré de cougars qui ne savent malheureusement pas qu'il n'honorera pas leur féminité affriolante. Je vois ensuite son regard déçu qui se pose sur son ex employé ; c'est certain qu'en dehors de leur histoire, il va regretter son efficacité !
Je comprends par contre que le rouquin va désormais pouvoir réaliser tout ce qu'il voulait faire, puisque gérer notre quotidien est déjà acquis malgré son ancien travail très prenant. Suivre son mari et être son manager vont être ses activités à l'avenir je pense. En attendant, le voyage de noce avec le mien va bientôt commencer…
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